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Philippe Lyet, Yvette Molina et Marguerite Soulière. "Reflets", Revue d'intervention sociale et communautaire, Volume 27, numéro 1, printemps 2021.

Éditorial

"Le numéro de la Revue Reflets intitulé « Le travail social : entre performance et résistance » est issu d’un colloque international qui s’est tenu dans le cadre du congrès de l’ACFAS en mai 2019 à Gatineau. Il avait réuni des chercheurs, enseignants-chercheurs, étudiants ainsi que des praticiens et gestionnaires.
La thématique de la performance en parallèle de la résistance avait permis de susciter un échange fécond rendant compte de la complexité du sujet. Si différentes interprétations et manifestations de la performance et de la résistance se font jour, on retient, parmi les discussions engagées, celle des rapports sociaux de domination ou de pouvoir susceptibles d’affaiblir l’autonomie professionnelle. Une analyse matricielle nous conduit à y voir un triptyque entre autonomie, reconnaissance et solidarité. Si les rapports de pouvoir sont bien présents, ils n’écartent pas complètement les autres formes que sont les rapports sociaux horizontaux à travers notamment de nouveaux visages des liens sociaux et d’intervention sociale comme la pair-aidance. Enfin, on observe les hiatus possibles entre les orientations politiques et les réalités vécues par les acteurs concernés. Ces écarts donnent parfois lieu à des créativités comme formes instituantes mais aussi à des vulnérabilités identifiées tant pour les professionnels que pour les personnes sujettes à l’intervention publique.
Sans ériger le débat vers des positions militantes ou partisanes, ce numéro de dossier se veut donc le témoin des différents points de vue qui ont pu émerger à l’occasion de cette rencontre scientifique et au-delà. En effet, afin de compléter et d’approfondir le sujet que l’on peut considérer comme l’une des problématiques majeures traversées par le travail social actuel, nous avons fait appel à des auteurs ayant participé aux échanges lors du colloque, mais aussi à d’autres auteurs dont les travaux viennent apporter un éclairage."

Les auteurs

2 articles et 1 résumé de professionnels d'ASKORIA

Yvette Molina, Responsable du Centre de recherche
"Le travail social au croisement de la formation, de l’intervention sociale et de la gestion. Enjeux contemporains et perspectives"

Dans cette revue, un premier article d’Yvette Molina propose de dresser un panorama des enjeux contemporains qui traversent le travail social. S’intéressant depuis plusieurs années aux évolutions du travail social, notamment dans un contexte international francophone, l’auteure illustre son propos à partir d’enquêtes diversifiées qu’elle a pu conduire. Il s’agit dès lors de mettre au jour comment les transformations s’opèrent au regard de différentes scènes caractérisées par leurs propres logiques. Le croisement de trois mondes sociaux du travail social sera ainsi exploré : la formation, les milieux de pratiques professionnelles, le monde gestionnaire et managérial des organisations.
Résumé : L’article se propose de dresser un panorama des enjeux contemporains qui traversent le travail social. S’intéressant depuis plusieurs années aux évolutions du travail social, notamment dans un contexte international francophone, l’auteure illustre son propos à partir de terrains d’enquêtes diversifiés qu’elle a pu conduire. Il s’agit dès lors de mettre au jour comment les transformations s’opèrent au regard de différentes scènes caractérisées par leurs propres logiques. Le croisement de trois mondes sociaux du travail social sera ainsi exploré : la formation, les milieux de pratiques professionnelles, le monde gestionnaire et managérial des organisations.
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Philippe Lyet, Coordinateur scientifique
"Travail social et résistance : les leçons de recherches conjointes"
Un deuxième article présenté par Philippe Lyet nous conduit à une réflexion qui caractérise le fait de résister comme l’affirmation du sujet et de disposer du pouvoir de défendre son point de vue, ce qui suppose souvent la présence d’alliés dont la collaboration restaure les personnes comme sujets et acteurs de leur vie. Des dispositifs comme les recherches conjointes sont pertinents quand elles le permettent. S’engager dans une recherche, c’est accepter d’aboutir à ce à quoi on ne s’attend pas. Cette irruption de l’inattendu qui déstabilise les références des acteurs est, pour les acteurs concernés cochercheurs, la principale force de résistance des recherches conjointes aux réifications qui enferment les acteurs sociaux dans des rôles figés.
Résumé : La question de la « résistance » des acteurs sociaux à des phénomènes qui ne leur conviennent pas ne conduit pas immédiatement à identifier le monde scientifique comme un allié pour ces acteurs, tant les productions scientifiques « classiques » apparaissent peu mobilisables par ces derniers, voire leur proposent, et parfois leur imposent des logiques d’analyse qui correspondent peu à leurs enjeux. D’autres dynamiques de recherches que je nommerai recherches conjointes, qui associent des acteurs ou actrices concernés, peuvent acculturer, d’une part, ceux/celles-ci au regard construit par l’activité scientifique et, d’autre part, les scientifiques aux compréhensions des acteurs/actrices. Ce processus peut permettre à ces derniers de disposer d’outils intellectuels inédits afin de faire face de manière renouvelée à leurs enjeux. De telles alliances, lorsqu’elles se produisent, restaurent les personnes et les groupes comme sujets et acteurs de leur vie. Deux exemples de recherches conjointes illustrent cette thèse. Cet article propose de comprendre les recherches conjointes comme des dynamiques communicationnelles. Les acteurs sociaux cochercheurs participent à la construction d’un monde commun où ils apprennent à d’autres autant qu’ils apprennent de ceux-ci et où leur problème se recompose. S’il y a résistance dans les recherches conjointes, c’est une résistance à la tentation d’acteurs de tous bords de sanctuariser certaines compréhensions et donc de les imposer.
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Lu pour vous par Valérie Janson, Chargée de recherche
"Construire le rapport théorie-pratique. Expériences de formatrices et formateurs dans une haute école de travail social"(Éditions ies). , Mezzena, S. et Kramer, N. (dir.). (2019).
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Reflets ?

Reflets est produit conjointement par l’Université d’Ottawa et l’Université Laurentienne.

Reflets s’adresse aux personnes s’intéressant et travaillant à la prévention des problèmes sociaux et de santé, à la promotion et à la défense des droits sociaux, économiques, politiques et culturels des individus, groupes et collectivités, particulièrement les communautés francophones vivant en milieux minoritaires. Reflets vise à :
- Promouvoir la pensée critique interdisciplinaire sur les politiques, les pratiques institutionnelles et communautaires et sur la formation professionnelle dans les domaines des services sociaux et de la santé, en tenant compte des particularités historico-socio-politiques des francophones en contextes minoritaires;
- Offrir aux intervenantes et aux intervenants un outil de communication permettant de diffuser leurs recherches, de partager des réflexions en lien avec leurs pratiques et l’analyse des politiques sociales, lois et structures organisationnelles et de leurs répercussions sur les populations francophones minoritaires;
- Créer un espace favorisant l’expression et la diffusion de pratiques novatrices ou alternatives dans les secteurs d’intervention touchant les communautés francophones vivant en contextes minoritaires.
> Tous les articles sont en libre accès en lignehttps://www.erudit.org/fr/revues/ref/